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L'arcane

(Les éditions du nain qui tousse, 2015)
Gravure de Marc Giai-Miniet
Gravure de Marc Giai-Miniet

Livre d'artiste.
Trente exemplaires (plus deux HC) numérotés et signés des auteurs
contenant trois poèmes et une gravure de Marc Giai-Miniet.
Pour se le procurer, 
contacter l'artiste.



.I.

Ces vieux exilés qui au seuil de la tombe
Retrouvent l’ukrainien des neiges d’antan
Puis le yiddish des premiers ciseaux       puis
Rien       un grognement       ainsi ce soir
Emporté à l’envers       la lune s’ouvre
Se ferme comme un couteau       le lièvre de jade
Puis la vieille au fagot       à toute allure       parfois
Je dévisse me voici dans la Chine Quan
Cong ! un dieu rouge ou aux îles vaudous
Un instant       ou dans les bras humides
D’une étrangère aux yeux pensifs dents
Heurtées genoux mêlés paradis hâtif
Pendu par un pied à la roue de ma vie
Comme l’arcane du tarot de Marseille


.II.

Quarante ans       moins les mots que la terre
Chantiers d’eau ponts de brousse aux cafés l’arbre
Aux voyageurs palabrant sous l’éventail
Que l’alizé bat comme un jeu de tarot
Pays instantanés où sont des serpents noirs
Enfants nus dans la boue et marchés flottants
Le monde recopié dans de petits carnets
Bêtes et choses plus que l’espèce humaine
Palétuviers dieux peints temples troglodytes
Les couleurs se brouillent j’avais les yeux fermés
Comme dans l’amour        c’est la nuit le jardin
Se plaint        l’effraie et le vent des collines
Sur les pins glisse un visage grêlé       l’amie
Des nuits lointaines        chagrin


III

Une stèle sous les vents deux nombres
Un nom et dix mots pour résister au temps
Mesurés sur les doigts        les lunes changent
Le vent vole à travers les années renversant
Les pierres dressées       les A et les É
Rejoignent les consonnes       râle seulement
Plainte d’effraie       peut-être on dure encore
Pendu à l’envers dans une autre mémoire
Une fille un dernier ami       ou quand paraît
La lune rousse une étrangère aux yeux brouillés
Puis la nuit les emporte         plus personne
Pour chercher sous la mousse les mots
Qui nous faisaient exister         PASSANT      
JETTE UN REGARD OÙ RIEN NE POUSSE

Que nul ne sait plus déchiffrer…









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