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| Livre d'artiste. Trente exemplaires (plus deux HC) numérotés et signés des auteurs contenant trois poèmes et une gravure de Marc Giai-Miniet. Pour se le procurer, contacter l'artiste. |
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Ces vieux exilés qui au
seuil de la tombe
Retrouvent l’ukrainien des neiges d’antan
Puis le yiddish des premiers ciseaux
puis
Rien un grognement
ainsi ce soir
Emporté à l’envers
la lune
s’ouvre
Se ferme comme un couteau le
lièvre de jade
Puis la vieille au fagot à
toute allure parfois
Je dévisse me voici dans la Chine Quan
Cong ! un
dieu rouge ou aux îles vaudous
Un instant ou dans les bras humides
D’une étrangère aux yeux pensifs dents
Heurtées genoux mêlés paradis
hâtif
Pendu par un pied à la roue de ma vie
Comme l’arcane du tarot de Marseille
Quarante ans
moins les mots que la
terre
Chantiers d’eau ponts de brousse aux cafés l’arbre
Aux voyageurs palabrant sous l’éventail
Que l’alizé bat comme un jeu de tarot
Pays instantanés où sont des serpents noirs
Enfants nus dans la boue et marchés flottants
Le monde recopié dans de petits carnets
Bêtes et choses plus que l’espèce humaine
Palétuviers dieux peints temples troglodytes
Les couleurs se brouillent j’avais les yeux fermés
Comme dans l’amour c’est la
nuit le jardin
Se plaint l’effraie et le
vent des collines
Sur les pins glisse un visage grêlé
l’amie
Des nuits lointaines
chagrin
Une stèle sous les vents deux nombres
Un nom et dix mots pour résister au temps
Mesurés sur les doigts les
lunes changent
Le vent vole à travers les années renversant
Les pierres dressées les A et les É
Rejoignent les consonnes râle
seulement
Plainte d’effraie peut-être on dure
encore
Pendu à l’envers dans une autre mémoire
Une fille un dernier ami ou quand
paraît
La lune rousse une étrangère aux yeux brouillés
Puis la nuit les
emporte plus personne
Pour chercher sous la mousse les mots
Qui nous faisaient
exister PASSANT
JETTE UN REGARD OÙ RIEN NE POUSSE
Que nul ne sait plus déchiffrer…
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